On ne peut pas rester sans ancrage quelque part. Or nous avons du mal à lâcher l’ancien ancrage pour nous enraciner dans ce qui est inexistant, imperceptible, presque pas là, comme en suspens. Rien ne s’effondre sans que ne se dévoile l’autre pôle, l’autre point d’existence. La preuve que quelque chose s’effondre, c’est qu’autre chose se montre. Dès que vous lâchez complètement, alors vous pouvez reconnaître une terre solide, une terre forte dans laquelle vous pouvez vous ancrer ; c’est ce que l’on appellera la résurrection, c’est-à-dire l’autre vie, un autre continent, un autre point d’appui.
Mounir Hafez – 4 janvier 1989
