Verbatim de la semaine
- 25 octobre 2026
Il y a un feu allumant, qui reste toujours dans l’état de « être allumant » d’un feu. La conscience est un feu allumé, qui vit d’un feu allumant, perpétuellement allumant. Et l’innocence est aussi un feu allumé. Dans votre chambre intérieure, vous pouvez appuyer tantôt sur le bouton « innocence », tantôt sur le bouton « conscience », les deux sont des feux allumés. A un certain moment, quand votre innocence s’éteint dans la conscience, on s’aperçoit que cette innocence était un feu, car en s’éteignant dans la conscience elle allume la conscience. Et inversement ! Ce qui est souvent négligé, par l’avidité de comprendre, c’est qu’en s’éteignant, le feu de la conscience allume l’innocence. L’innocence est un feu dévorant ! Et les contemplatifs, qui sont dans l’état d’innocence, sont des gens brûlés par l’innocence, par ce feu qui a été allumé, ce feu allumant.
Mounir Hafez 18 septembre 1994
Verbatim précédents
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18 octobre 2026
Le narcissisme est le moment de l’échappement à moi-même de l’image que je vois, de l’image que j’aime. Qu’est-ce que j’aime en moi ? Mais c’est ce qui m’échappe que j’aime en moi, et c’est cela qui me colle au narcissisme. Si je ne vois que le narcissisme, l’adulation, l’admiration que je suscite ou que je veux susciter autour de moi, je perds de vue que le narcissisme, le narcisse, ne cherche pas son image, il cherche quelque chose que son image occulte, bloque, cache, ne montre pas. Il faut voir que les choses ne sont pas aussi simples que…
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11 octobre 2026
Sur un état achevé, qu’on considère comme « homme parfait », pousse un homme vrai. Il s’agit d’avoir, de faire un terrain, et sur ce terrain, qui est déjà une perfection de la nature, pousse une autre nature, un homme plus vrai que celui-ci. Le précédent est un homme naturel « parfait », bien intentionné, un homme avec une autorité morale, ou une autorité religieuse en lui, une foi profonde. Sur cet homme pousse un homme vrai, qu’on appellera homme transcendant. L’homme plus vrai que vrai, celui-là est l’homme intérieur. Et, cet homme vous échappe. Mounir Hafez 23 mars 1996
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4 octobre 2026
Je crois que l’homme est le lieu d’une Assomption radicale, d’un enlèvement à lui-même, d’un rapt radical, définitif qui le distingue de la condition humaine qu’il assume néanmoins. Il s’agira, comme pour l’alchimie, de séparer pour unir, de distinguer pour parvenir à une conjonction, ou en tout cas à une coïncidence, à une coexistence consentie. Si l’on me demande «Vous êtes tout de même un vivant, un humain, et pourquoi vivez-vous ?» Je dirai, en exagérant un peu, « Par politesse, par bienséance, parce que je trouve que c’est plus convenable ». Beaucoup de personnes n’assument pas ce second rôle, que j’ai à vivre.…
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27 septembre 2026
Résistance, c’est une interprétation à partir du point où j’en suis. C’est un point abstrait, idéal. C’est l’actuelle interprétation du point où j’en suis. La résistance varie donc continuellement dans mon vécu, par une réinterprétation du point où j’en suis. Ne le regardons pas en termes de vocabulaire freudien ou jungien. C’est un point provisoire au sujet de l’idée que je me fais de là où je suis. Il n’y a là rien de définitif. Ne disons pas que la résistance est une « censure », ou un « refoulement ». C’est fluctuant. La résistance varie selon l’expérience que j’ai de moi-même. Mounir Hafez…
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20 septembre 2026
Une chose qui n’était que possibilité, une fêlure, elle a besoin d’être actualisée. Il faut qu’il y ait une cassure réelle pour que toute l’opération se mette en marche. La cassure permet une inclinaison vers moi-même. Ce qui m’incline vers une part de moi-même est en même temps ma faiblesse et en même temps des foyers d’énergie, des points d’appel. Dans la trace de ma cassure, je peux pomper de l’énergie. Là, il y a un appel de force. Mounir Hafez 06 mai 1987
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13 septembre 2026
Il y a un apparaître des choses, il y a un voir dans les choses, et puis il y a une vision dans les choses, qui est un autre niveau de l’apparaître. La vision dans l’apparaître est comme la Lumière de la matière. C’est comme la bonté d’une action. C’est impalpable, la bonté est intouchable. Intouchable ce rapport entre Lumière et objet. C’est dans cet espace d’intouchabilité que se joue la Présence, que joue la Présence. Mounir Hafez – 8 janvier 1992
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6 septembre 2026
Quelque chose est rempli, qui est la féminité, et quelque chose est un “emplisseur”, qui est la masculinité. Lorsque je sors de moi, lorsque je me dépossède de mon moi, cette force va chercher à se loger quelque part dans le féminin, dans l’éternellement féminin, dans la Sophia ; et va chercher un refuge, un lieu de gestation, comme dans les rapports d’un homme et d’une femme. Notre affaire est une synthèse du vécu de l’homme et de la femme, du Logos et de la terre, de la nature et du divin. Ce n’est pas simplement que nous sommes faits…
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30 août 2026
Ce qui est non-touchable dans une chose que je touche, c’est l’espace de Présence, c’est la Lumière de ce que je touche, l’intouchable dans ce que je touche, le non-visible dans ce que je vois. C’est la Lumière de ce que je vois, c’est l’espace du je, l’espace où s’articulent le visible et l’invisible. C’est dans cet écart qu’il y a Présence. C’est cette Présence que nous incarnons. Mounir Hafez – 8 janvier 1992
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23 août 2026
L’aventure humaine ne se joue pas dans le vécu personnel. L’aventure humaine est bien plus vaste que l’aventure d’une homme qui va se promener en Afrique, en Asie, en avion, en moto, en voiture, qui se marie, qui divorce, qui a des enfants…Le vécu humain n’est pas l’aventure humaine. L’aventure humaine est grandiose, éblouissante et insupportable à mesure que l’on s’en approche. Mounir Hafez – 17 mars 1993
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16 août 2026
Il y a dans la bonté quelque chose qui déborde, qui dépasse la bonté elle-même. La bonté est une trajectoire, une ouverture vers ce qui est innommable, impensable, intouchable, inatteignable. La bonté est une ouverture à un infini d’Être. Il n’y a pas de position, il n’y a que des trajectoires. La bonté est une ouverture, une fenêtre ouverte sur un infini, sur une possibilité infinie qui ne s’appelle plus bonté, qui s’appelle infini d’Être, qui s’appelle Dieu. Mounir Hafez – 8 janvier 1992
