Verbatim de la semaine

  • 24 mai 2026

    Comment peut-on faire cette expérience de plonger en soi ? En existant. L’existence est l’expérience par laquelle on touche à ce plus humain, à ce pas-encore humain, à cet au-delà de l’humain, à ce proprement humain, à cette déshumanisation, qui est enroulé dans l’exister. Et qu’est-ce que c’est qu’exister? C’est se tenir hors de là où on se tient. C’est d’être à la fois, comme le principe d’Archimède, dans la vie et hors de la vie, en moi et hors de moi.

    Mounir Hafez – 14 janvier 1996

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  • 17 mai 2026

    Il y a des moments de perte de soi où explose ce pur amour. C’est dans cette déchirure que crée la sensibilité dans le fond de soi que se déclenche le moment où cette perte de soi est comme un afflux d’amour. La sensibilité permet à la fois de tuer la personne, de la blesser à mort. Si vous êtes vraiment sensible, quand vous voyez un beau tableau, vous êtes blessé, touché à mort. Et étant touché, étant blessé, vous ouvrez la porte à une plus grande vie d’une autre qualité, qu’on appellera l’état d’amour. Mounir Hafez – 14 janvier 1996

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  • 10 mai 2026

    La sensibilité brusquement à un certain niveau explore le transcendant et laisse venir à flot quelque chose qui est amour et connaissance en même temps. Je comprends tout, je sens tout. Et puis ça disparaît de nouveau. Mais je l’ai goûté une fois. Et quand je l’ai goûté une fois, rien d’autre n’a de goût que ça. Mounir Hafez – 14 janvier 1996

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  • 3 mai 2026

    Si votre sensibilité descend plus profondément, elle va rencontrer le transcendant, la toute-puissance, l’autorité centrale. Elle va faire un travail souterrain, un travail intérieur qui ouvre une mémoire et qui explore la transcendance humaine. Donc à partir du moment où elle explore l’objet, où elle le touche, elle va quitter la perception de l’objet sensible et elle va descendre pour explorer des zones qui n’ont plus de rapport avec ça, pour explorer le divin, pour explorer Dieu. Cette sensibilité ouvre une porte sur une mémoire perdue par la mémoire actuelle, enfouie dans la mémoire actuelle, pour explorer un au-delà de…

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  • 26 avril 2026

    On ne peut pas toujours supporter de voir ce qui s’est passé dans sa vie. Les arts vous remettent brusquement en contact, en révélant certaines choses, avec ce que vous n’auriez pas supporté autrement. Mounir Hafez – 14 janvier 1996

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  • 19 avril 2026

    Nous sommes très souvent dans des états critiques. Mais nous pensons que c’est parce que « je suis fatigué ou que j’ai mal dormi ». Et nous laissons passer cet état. Or ces états sont des percées, des fenêtres ouvertes sur un au-delà de la personne, un au-delà de la conscience, sur des soubresauts dans l’hominisation, sur des sursauts dans l’humanité.  Et toutes les civilisations, toutes les cultures ne sont que le récit de cet éveil, de l’expérience de l’éveil en l’humain du proprement humain. Mounir Hafez – 14 janvier 1996

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  • 12 avril 2026

    Vous avez besoin que quelqu’un, un artiste vous montre des choses sculptées ou peintes. Des rapports de couleurs qui vous montrent, par son émotion, une couleur rouge associée à une certaine couleur verte. Cette couleur rouge, chargée de l’émotion de l’artiste créateur descend dans votre corps et fait vibrer le rouge dans des zones où il y a Dieu, où il y a le transcendant, où il y a la toute-puissance, et où il y a la mémoire universelle de l’univers. Il est donc tout à fait important que vous ayez une purgation par l’art. Que vous soyez purgé de…

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  • 5 avril 2026

    On ne peut pas rester sans ancrage quelque part. Or nous avons du mal à lâcher l’ancien ancrage pour nous enraciner dans ce qui est inexistant, imperceptible, presque pas là, comme en suspens. Rien ne s’effondre sans que ne se dévoile l’autre pôle, l’autre point d’existence. La preuve que quelque chose s’effondre, c’est qu’autre chose se montre. Dès que vous lâchez complètement, alors vous pouvez reconnaître une terre solide, une terre forte dans laquelle vous pouvez vous ancrer ; c’est ce que l’on appellera la résurrection, c’est-à-dire l’autre vie, un autre continent, un autre point d’appui. Mounir Hafez – 4…

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  • 29 mars 2026

    L’étrave d’un navire de haut bord se souligne d’une écume lumineuse, comme pour se différencier de la mer et en même temps de lui-même. Notre propre lumière, si tant est que nous en ayons une, nous différencie à la fois de nous–même et de ce que nous traversons.  Mounir Hafez 24 février 1988

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  • 22 mars 2026

    L’être, c’est tous les possibles. L’un des possibles, c’est qu’il n’y ait pas eu cette incarnation. La personne humaine est l’une des possibilités, à laquelle il manque sa virtualité, que : « Je ne suis pas incarné », que mon incarnation est faite pour masquer ma non-incarnation. Quelque part, je ne suis pas né. Il s’agit de retrouver ce « Je ne suis pas né » dans moi qui suis né.  Mounir Hafez 19 octobre 1988

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  • 15 mars 2026

    Dois-je défendre ma vie ou la vie ?  « Mais la vie est impersonnelle ! »  Non ! Je suis traversé par la vie et j’ai à ajouter quelque chose, et non pas prendre la vie. Je dois donner ce que je suis seul à pouvoir fabriquer. L’humain est le seul à pouvoir fabriquer une matière, une réalité qui permet que se poursuive quelque chose.    Mounir Hafez « Entre tradition et pensée contemporaine » p13

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